Lire une fiche de paie

Bonjour à vous, qui lisez ces lignes. Nous voici au second article de professionnalisation, qui sera sous un format spécial puisqu’il ne comporte pas d’interview. Après vous avoir parlé de l’intégration dans une équipe, nous allons ici vous donner quelques éléments afin de mieux comprendre votre fiche de paie. A vos calculettes, ce document un peu technique fera ressortir vos instincts de comptable.

Lire une fiche de paie

En effet, ce petit papier mensuel que vous recevrez durant toute votre carrière de salarié est rempli d’informations qu’il est nécessaire de comprendre. Nous sommes beaucoup à nous être retrouvés devant cette multitude de nombres sans réellement les comprendre, à mettre notre bulletin dans les archives juste parce qu’on nous a demandé de le faire.

En lisant cet article vous saurez enfin pourquoi votre salaire brut se fait croquer par l’état.

Le haut de la fiche de paie

En premier dans votre bulletin, apparaissent les informations relatives à votre entreprise, votre place et votre rôle au sein de celle-ci.

Il peut y apparaître notamment :

  • Le nom de l’entreprise
  • Différentes informations d’identification de l’entreprise telle que son numéro de Siret (Système d’Identification du Répertoire des Établissements)
  • Votre matricule dans l’entreprise (qui correspond en général à votre
  • ordre d’arrivé dans l’entreprise)
  • Votre numéro de sécurité sociale (N°SS)
  • Votre date d’entrée et votre ancienneté dans l’entreprise
  • Votre emploi ou le poste que vous occupez
  • Votre statut professionnel (Cadre, Employé, etc)
  • Votre convention collective

Lors de vos premières fiches de paie ou lors d’un changement de statut, vérifiez bien si ces informations apparaissent sur votre fiche. Par exemple, le coefficient (qui démarre généralement à 100 et est représentatif du degré de responsabilité en permettant notamment de révéler la hiérarchie des employés, ouvriers, cadres, etc) et la statut professionnel (définit la grille de salaire et le statut du salarié dans l’entreprise) sont des éléments essentiels.

La convention collective, elle, contient les règles particulières du droit du travail applicable à un secteur donné, comme par exemple les congés, les salaires ou les licenciements. Elle est conclue par les organisations syndicales représentatives des salariés et les organisations ou groupements d’employeurs.

Les éléments de paie

Voici un exemple de fiche de paie sur lequel nous allons nous baser pour vous décortiquer ces éléments :

Tout d’abord, on peut voir qu’il y a plusieurs colonnes :

  • « Désignation » est ici le libellé des différentes entrées et déductions qui construisent votre salaire net
  • « Base » qui est la base sur laquelle est calculé chaque élément
  • « Taux Sal. %» qui est le taux salarial en pourcentage
  • « Montant Sal. » qui est le montant salarial (le montant qui vous est prélevé)
  • « Taux Pat. % » qui est le taux patronal en pourcentage
  • « Montant Pat. » qui est le montant patronal (le montant qui est prélevé votre entreprise)

Salaire Brut

Apparaissant en haut, marqués comme gains, sont le salaire de base et le salaire brut.

La plupart du temps, le salaire de base est égal à la rémunération horaire brute (son « Taux ») multipliée par le nombre d’heures effectuées sur un mois pour 35 heures hebdomadaires (soit 151,67 heures par mois, sa « Base »). A ce salaire de base sont ajoutées les heures supplémentaires, qui ont un taux majoré par rapport au salaire de base.

Une convention ou un accord collectif d’entreprise prévoit cette ou ces majorations. Il peut donc être intéressant de les demander lorsque vous entrer dans une entreprise. Ce taux ne peut être inférieur à 10 %.
A défaut d’accord, les heures supplémentaires accomplies au-delà de la durée légale hebdomadaire (35 heures) sont majorées de 25 % pour chacune des huit premières heures supplémentaires. Les heures suivantes seront majorées de 50 %.

Salaire Net

Les cotisations sociales salariales (ici le « Montat Sal. ») vont ensuite être prélevées du salaire brut pour arriver au salaire Net. En fonction, de votre statut (Cadre, Fonction publique, Profession libérale, etc.) ces cotisations n’auront pas le même taux (ici le « Taux Sal. % ») qui s’applique sur le salaire Brut. Elles vont servir au financement des prestations sociales comme la sécurité sociale, la retraite ou encore l’assurance chômage.

Santé

Comme on peut le voir dans l’exemple, tous les prélèvements ne sont pas uniquement à la charge de l’employé, mais aussi à celle de l’employeur (avec ici le « Taux Pat. % » et le « Montant Pat. »). Dans l’espace Santé, le seul montant qui vous sera retenu est celui de votre mutuelle (aussi appelée « Complémentaire santé »). Elle vous sert entre autres à rembourser des soins médicaux.

Retraite

Dans la partie Retraite, les cotisations sont calculées en fonction du Plafond de la Sécurité Sociale (PSS). Ce plafond est un salaire de référence fixé chaque année et est de 3 428 € par mois en 2020 (1,40% de plus qu’en 2019).

Plusieurs tranches de salaires sont ensuite définies :

  • Tranche 1 : de 0 à 3428 € (0 à 1 PSS)
  • Tranche 2 : de 3428 à 27424 € (1 PSS à 8 PSS)
    Les différentes cotisations retraite sont donc :
  • La sécurité sociale plafonnée, d’un taux de 6.90% et s’applique à l’ensemble du salaire brut dans la limite d’1 PSS
  • La sécurité sociale déplafonné, d’un taux de 0,40 % et s’applique à l’ensemble du salaire brut
  • La complémentaire Tranche 1, d’un taux de 4,01%% et s’applique à l’ensemble du salaire brut dans la limite d’1 PSS
  • La complémentaire Tranche 2, d’un taux de 9,72 % et s’applique à la part du salaire brut comprise entre 1 PSS et 8 PSS
  • La contribution d’équilibre technique, d’un taux de 0,14 % et s’applique à l’ensemble du salaire brut dans la limite de 2 PSS, mais seuls ceux ayant un salaire au-dessus d’1 PSS la paient

Oui, donc comme vous l’aurez compris, ceux qui gagnent 50k €/mois ne paient des contributions qu’à la hauteur de la moitié de leur salaire. Est-ce juste ? On ne sait pas, mais on vous souhaite d’arriver à ce salaire.

Famille

Dans cette partie, si vous êtes cadre, la seule cotisation à votre charge est celle de l’Association Pour l’Emploi des Cadres (APEC). Cette cotisation fournit les fonds nécessaires au fonctionnement de cet organisme. Son taux est fixé à 0,024% pour le salarié et s’applique à l’ensemble du salaire brut dans la limite de 4 PSS. 

L’APEC, elle, permet d’accompagner et de conseiller les cadres dans leur parcours professionnel.

Autre contributions

Les « autres contributions » sont à la charge de l’employeur, et sont parfois juste détaillées comme « Autres contributions dues par l’employeur » sans préciser le taux détaillé. Elles comprennent les cotisations solidarité autonomie, la contribution au FNAL (Fonds National d’Aide au Logement), le versement transport, la contribution au dialogue social, la cotisation formation, la contribution à l’effort de construction, le forfait social et la taxe d’apprentissage.

CSG/CRDS

C’est maintenant au tour de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) et de la Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) de vous être prélevées.

Question culture générale, la CSG est un impôt créé le 18 décembre 1990, qui participe au financement de la sécurité sociale, et, depuis 2018, de l’assurance chômage, à la place des cotisations prélevées sur les salaires. La contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) est un impôt français créé en 1996 dans le but de résorber l’endettement de la Sécurité sociale

Ce qui nous intéresse ici est le taux pour les salaires et traitements. Son taux global est de 9,2 %. La CSG déductible est de 6,8 %, le reste est non déductible de l’impôt sur le revenu et est donc de 2,4 %.

Le taux de la CRDS, lui, est fixé à 0,5 % quel que soit le revenu concerné.

Exonération sociale

Bon, enfin une partie qui fait un peu plaisir, une retenue négative, donc un revenu : c’est l’exonération sociale. En effet, depuis le 1er janvier 2019, les salariés qui effectuent des Heures Supplémentaires (HS, heures au-delà des 35h hebdomadaires) et Complémentaires (HC, heures au-delà des heures définies pour un temps partiel) bénéficient d’une réduction des cotisations salariales sur ces heures.

Les cotisations salariales concernées par l’exonération sociale sont :

  • l’assurance vieillesse plafonnée à hauteur de 6,90 %
  • l’assurance vieillesse déplafonnée à hauteur de 0,40 %
  • la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO sur la tranche 1 à hauteur de 4,01 %

Avec une petite addition de tête, en 2020, le taux total des cotisations salariales concernées par l’exonération sociale est donc limitée à 11,31%. Cette limite est atteinte pour un salarié ayant un salaire inférieur ou égal à 1 PSS.

Sinon, si la sommes des taux de cotisation est inférieure à 11,31%, c’est ce taux qui est retenu pour l’exonération.

Par exemple dans notre cas : 236,53 + 16 + 137,46 + 55,6 + 5,6 = 451,19 ce qui correspond environs à 11,28% du salaire brut.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *